La question se pose toujours au mauvais moment : un enfant qui tousse le dimanche, une dent qui casse, un examen qu'un médecin français a demandé avant le départ. Le système russe n'est pas compliqué, mais il ne ressemble pas au système français, et c'est là que les malentendus commencent.
Deux systèmes, pas un
L'OMS est l'assurance maladie obligatoire. Elle donne accès aux polycliniques de secteur et aux hôpitaux publics, gratuitement au point de soin. Elle est ouverte aux citoyens russes et aux étrangers titulaires d'un RVP ou d'un VNJ, ainsi qu'aux salariés déclarés. Un visiteur sous visa n'y a pas droit.
La DMS est l'assurance privée. Elle s'achète auprès d'un assureur russe, donne accès aux cliniques privées, et sert aussi à remplir certaines obligations administratives quand l'OMS n'est pas ouverte.
Les deux coexistent, et beaucoup de résidents ont les deux : l'OMS pour le suivi et l'hôpital, la DMS pour la rapidité et le choix du praticien.
Ce que coûte une consultation sans couverture
C'est le point qui rassure la plupart des voyageurs. Une consultation en clinique privée, payée directement, reste sans commune mesure avec les tarifs d'Europe occidentale ou d'Amérique du Nord. Un examen d'imagerie, une analyse de sang, une consultation spécialisée : ce sont des sommes qu'on peut avancer sans démarche préalable.
Deux réserves, qui ne sont pas des détails.
Le paiement. Votre carte française ne fonctionne pas. En clinique, cela veut dire des espèces, ou un virement depuis un compte russe. Avoir de quoi payer une urgence est le vrai sujet, plus que le prix lui-même.
L'hospitalisation. Là, les montants changent d'échelle, et c'est ce que couvre l'assurance exigée pour le visa — à condition d'avoir vérifié qu'elle inclut bien le rapatriement.
En urgence
Le 112 fonctionne, comme en Europe. L'urgence vitale est prise en charge quel que soit le statut de la personne : on ne demande pas de carte avant de soigner.
Ce qui est demandé ensuite, en revanche, ce sont les documents : passeport, carte de migration, et couverture éventuelle. Les avoir sur soi, ou photographiés dans un téléphone, fait gagner du temps au moment où l'on en a le moins.
Les médicaments
Beaucoup de molécules courantes sont disponibles sans ordonnance et sous des noms différents des noms français. Emporter la liste de ses traitements en dénomination commune internationale — le nom de la molécule, pas celui de la marque — résout la quasi-totalité des cas.
Pour un traitement chronique, prévoyez de quoi tenir le séjour entier plus deux semaines de marge, et gardez l'ordonnance française avec vous : elle n'a pas de valeur légale sur place, mais elle est comprise par n'importe quel pharmacien.
Pour qui s'installe
Dès que le séjour devient un séjour de résidence, l'ordre à suivre est simple : obtenir le titre, faire ouvrir l'OMS, choisir une polyclinique de secteur, et ajouter une DMS si l'on veut échapper aux délais. C'est aussi le moment de faire traduire son dossier médical français, qui suit la même chaîne que les autres documents à faire reconnaître.
Rien de tout cela n'est difficile pris isolément. C'est l'ordre qui compte, et il dépend de votre situation : c'est ce qu'on déroule pendant un rendez-vous.