Vous descendez de l'avion, vous faites la queue au contrôle des passeports, on vous rend votre passeport avec un petit feuillet glissé dedans. Beaucoup de voyageurs le prennent pour un reçu et le laissent dans la poche du siège en sortant du taxi. C'est le document le plus important de votre séjour.
Ce que c'est
La carte de migration est un formulaire en deux volets, l'un gardé par le service des frontières, l'autre remis au voyageur. Il porte votre identité, le numéro de votre visa, la date d'entrée et le motif déclaré du séjour.
Ce volet-là est la preuve que vous êtes entré légalement. Le passeport prouve qui vous êtes, le visa prouve que vous aviez le droit de venir ; la carte de migration prouve que vous êtes venu, quand, et pour quoi faire.
À quoi elle sert, concrètement
Vous allez la sortir plus souvent que le passeport lui-même.
À l'hôtel, dès la première nuit : c'est l'hôtel qui déclare votre présence, et il lui faut le numéro de la carte pour le faire.
Pour l'enregistrement migratoire, si vous logez ailleurs qu'à l'hôtel. Sans elle, la personne qui vous héberge ne peut pas remplir la déclaration — et l'enregistrement est obligatoire, avec une amende à la clé.
À la banque, si vous ouvrez un compte. Aucune banque russe n'ouvre un compte à un étranger sans carte de migration valide, quel que soit le reste du dossier. C'est un point d'arrêt fréquent pour qui vient régler des questions d'argent sur place.
À la sortie du territoire. Vous rendez le volet au contrôle. Sans lui, le passage se fait, mais il se fait mal : constat, explications, parfois procès- verbal, et une entrée suivante qui commencera par des questions.
Ce qu'il faut en faire dès l'aéroport
Trois gestes, qui prennent une minute.
Vérifier ce qui est écrit. Nom, prénom, numéro de passeport, date. Une faute de frappe faite par l'agent est corrigeable sur place ; découverte trois semaines plus tard au guichet d'une banque, elle ne l'est plus.
Vérifier le motif du séjour. Il doit correspondre à votre visa. Un visa d'affaires avec « tourisme » coché sur la carte, et c'est votre enregistrement qui coince.
La photographier. Recto et verso, tout de suite, et l'envoyer à quelqu'un de confiance. Une photo ne remplace pas l'original, mais elle divise par trois le temps qu'il faut pour en obtenir un duplicata.
Ensuite, elle vit avec le passeport, dans le même étui, et elle ne sort que pour un guichet.
Si vous l'avez perdue
Ce n'est pas rattrapable seul, et ce n'est pas dramatique non plus.
Il faut se présenter au service des migrations du lieu où l'on se trouve, avec le passeport et le visa, et demander un duplicata. Le délai est de quelques jours. Plus vous vous y prenez tôt, plus c'est simple : une perte déclarée le lendemain se règle au guichet, une perte découverte la veille du vol de retour se règle à l'aéroport, dans de mauvaises conditions.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire : partir sans rien dire en espérant que le contrôle de sortie ferme les yeux. Il ne les ferme pas, et l'incident reste attaché au passeport.
Le cas des séjours longs
Si votre séjour s'inscrit dans la durée — permis de séjour temporaire ou permanent, travail, études — la carte de migration reste le point de départ de tout le dossier. Elle est réclamée à chaque étape, et sa date d'entrée sert de référence pour compter les délais.
C'est pour cette raison que les dossiers d'installation qui traînent commencent presque toujours par le même incident : une carte de migration égarée dans les premières semaines, quand personne n'avait encore expliqué à quoi elle servait.
Si vous préparez une installation plutôt qu'un voyage, la liste des documents à ne pas perdre est plus longue que celle-ci, et l'ordre dans lequel on les obtient compte autant que les documents eux-mêmes. C'est ce qu'on met à plat pendant un rendez-vous.